Couverture du Spirou 1882,
du 9 mai 1974 annonçant le retour de Yoko
dans :"Message pour l'éternité" |
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Avec Message pour l'éternité (SPIROU 1882 à 1905, du 9 mai au 17 octobre 1974), Leloup engage Yoko dans une sorte d'opération commando où elle est chargée de récupérer des documents secrets, perdus le 17 novembre 1933 lors de la disparition d'un avion de transport au fond d'un cratère situé sur la frontière commune de la Chine, de la Russie et de l'Afghanistan. (Petit clin d'œil d'auteur : cette date fort précise est également celle de sa naissance!)
L'idée de base est, à son habitude, brillante, originale et parfaitement plausible. En prime, le dessinateur s'offre discrètement un grand plaisir personnel.
oko se montre une fois de plus la digne fille de son père spirituel. On la savait déjà habile pilote de moto, elle joint désormais planeur et avion à sa panoplie. Roger Leloup est lui aussi un passionné de belle mécanique, même si, avec le temps, ce n'est plus guère qu'à sa table à dessiner qu'il puisse satisfaire son goût pour les engins extraordinaires.
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"—Il faut toujours que je sache comment cela marche, que ce soit une montre, un moteur ou une machine qui fauche le blé! Quand j'étais jeune, j'adorais les moto-cross et j'observais les terrains d'aviation. J'avais six ans quand la guerre a éclaté et j'ai été assez marqué par le matériel utilisé. J'habitais à Verviers, près de la frontière allemande, et je pouvais assister aux combats aériens. J'étais vraiment un amateur d'avions dont je connaissais tous les modèles et même les escadrilles. C'était un jeu, bien sûr, et je ne me rendais pas encore compte de ce que cela représentait vraiment. Vers la fin de la guerre, j'ai connu l'arrivée des Américains. Plutôt que d'aller au catéchisme, je courais voir leurs tanks. D'ailleurs, quand j'ai fait mon service militaire où je suis devenu “chef de char”, j'en connaissais presque autant que l'instructeur sur l'anatomie de ces engins... A côté de la mécanique, je faisais de la petite aviation. J'ai toujours été bricoleur, j'avais des planeurs téléguidés et je fabriquais moi-même mes modèles réduits. J'ai été deux fois champion de Belgique dans ma catégorie. J'ai aussi volé dans des clubs d'amateurs sur de petits appareils. Aussi, dès que j'ai commencé à travailler sur Yoko, l'exutoire a été total. Tout ce que je faisais en modélisme ou imaginais sur le plan mécanique est passé dans mon dessin." |
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Leloup montrant un de ses modèles à de jeunes admirateurs. Ce goût pour les belles mécaniques s'exprimera ensuite dans son oeuvre |
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